L'endométriose: Que-ce qu'on sait et on ne sait pas

2/3/20235 min read

L’Endométriose : qu’est ce qu’on sait ou on ne sait pas

L’endométriose c’est un thème médical de plus en plus évoqué les dernières années, on commence à connaître mieux cette maladie, à la diagnostiquer, à la prendre en charge et vivre avec.

C’est une maladie parfois chronique, récidivante pour certaines, qui touche 1 femme sur 10. On pensait tout savoir sur elle, mais plus les recherches avancent, plus on comprend, qu’on sait peu de choses.« L’endométriose » provient du nom de l’endomètre, la muqueuse qui tapisse la cavité de l’utérus. Cette muqueuse change et se développe tout au long de chaque cycle menstruel (en mode cyclique) et s’élimine naturellement au moment des règles, si la grossesse n’est pas survenue.

Il y a des cas, quand on retrouve cette muqueuse utérine en dehors d’utérus : sur les ovaires, sur les ligaments du petit bassin, entre le vagin et rectum, sur la vessie, les intestins et de façon plus rare, sur les poumons. Dans des cas pareils on parle de l’endométriose. L’organisme ne peut pas éliminer ces lésions (petits ilots de muqueuse utérine) au moment des règles.

Plusieurs types de complications, comme des micros hémorragies internes, petits nodules, adhérences entre les organes - vessie, intestins, ligaments, peuvent apparaître. Aujourd’hui on explore plusieurs théories d’apparition de cette maladie féminine.

En premier c’est l’hypothèse de règles dites « rétrogrades », quand le flux du sang menstruel se dirigerait vers la cavité abdominale pour former toutes ces lésions. En même temps il y a la théorie inflammatoire, génétique, causes environnementales, le stress oxydant cellulaire…Dans l’endométriose la maladie est responsable de l’apparition d’un stress oxydant cellulaire entretenu par le stress psychosocial, le stress dû au travail, à l’environnement, au mode de vie.

C’est un constat très important : on peut s’aider aussi soi-même dans des cas légers de cette maladie et surtout c’est une piste pour prévenir les récidives. Est ce que cette maladie fait mal ? Oui, dans certains cas, l’endométriose provoque des douleurs très importantes (une maladie qui peut donner un syndrome inflammatoire majeur), aiguës au moment des règles ; rapports sexuels douloureux, même parfois impossibles ; règles abondantes et longues ; saignements irréguliers, anarchiques ; troubles digestifs et urinaires en cours de règles ; douleurs très importantes au dos ; difficultés de marcher, problèmes de fécondité (dans des cas de désir de grossesse) ; malaises, absentéisme scolaire ou impossibilité de se rendre au travail…Ces signes ne sont pas obligatoirement tous ressentis, mais ils doivent nous alerter à chercher une endométriose. L’intensité de la douleur n’est pas forcément significative et liée au nombre de lésions.

Il y a même des cas, quand cette maladie peut donner des signes mineurs et une découverte fortuite en échographie pelvienne ou en cours d’un IRM en cherchant une autre chose.Le diagnostic de cette maladie prend parfois du retard, mais les dernières années, le fait qu’on parle plus dans la presse, à la télé ou dans des revues, on retrouve de plus en plus de patientes qui s’adressent pour l’exclure.

L’examen gynécologique, une échographie pelvienne, un IRM pelvien et même une célioscopie diagnostique et opératoire peuvent nous éclairer mieux sur la présence et la prise en charge de cette pathologie.Du fait que la maladie s’entretient par un flux de règles abondantes : moins on saigne, c’est mieux. Donc, un traitement assez efficace pour les jeunes femmes avec de l’endométriose légère, sans atteinte profonde (de la vessie, de l’intestin, des ligaments) reste la pilule en continu. La diminution du flux menstruel jusqu’à l’arrêt de ce flux apporte un bénéfice et une bonne réponse clinique.

On assiste aujourd’hui à un paradoxe sociétal : les dernières années on se retrouve avec des patientes qui ne veulent plus de pilules, mais en même temps, elles sont assez inquiètes de faire un jour cette maladie en gardant les règles abondantes et douloureuses…Le juste milieu est difficile à avoir dans tous les domaines de la vie humaine. En pratique, celles, qui ont une endométriose grave, avancée, avec des lésions profondes, adhèrent bien aux traitements proposés.

Donc, le fait d’avoir des règles douloureuses, abondantes et sur certaines positions de douleurs en cours des rapports sexuels, ne veut pas dire obligatoirement qu’on a de l’endométriose. Il faut consulter un médecin et faire un diagnostic.La contraception hormonale, bien choisie et adaptée aide à prévenir aussi pour certaines femmes cette pathologie.

Notre mode de vie, notre histoire personnelle, le sentiment de bien-être ou de mal-être, le rapport avec son corps, l’alimentation, l’environnement naturel, interfèrent bien sûr avec notre génétique et certes, apportent parfois des changements à nos cellules, que nous transmettons d’une génération à l’autre.Dans le cas dune endométriose sévère, plusieurs études montrent une augmentation du stress oxydant majeur dans le liquide péritonéal des patientes (prélevé en cas des célioscopie).Si on arrive à bloquer ce stress oxydatif, on empêche la prolifération de ces cellules endomètriales. C’est une nouvelle piste dans les traitements, la réduction du stress oxydatif, par la réduction du stress psychosocial.

Les traitements proposés par votre gynécologue sont indispensables, si l’endométriose vient d’être confirmée. En même temps, tout le monde peut lutter contre ce stress oxydatif dans sa vie quotidienne, encore plus la patiente qui en souffre.

Comment faire ?Les aliments à privilégier contre le stress oxydatif :-Aliments riches en Vitamines E,C et A.-Fruits rouges, prunes rouges, myrtilles, framboises, fraises, canneberge, grenade, figues, pommes mures.-Légumes verts : brocolis, épinards, haricots rouges, cœurs d’artichaut-Noisettes, amandes, pistaches, noix.-Thé vert, chocolat, café et vin rouge et vin blanc (avec modération)-Les compliments d’oméga –3-A réduire l’alimentation sucrée et l’excès des viandes rouges -Des cures des probiotiques sont bienvenues -L’activité physique reste très importante, mais, il faut savoir, qu’une pratique trop intense peut au contraire favoriser le stress oxydatif !

Cette maladie si douloureuse pour certaines, incite à tenter et à modifier plusieurs traitements pour chaque patiente, en s’adaptant à son mode de vie et aux réponses de son organisme.

Dans le contexte de cette maladie, le système immunitaire reste très important : des produits naturels pour le consolider comme l’huile de foie de requin, propolis, vit D, gelée royale, échinacée, curcuma peuvent être utilisés.

L’endométriose est une maladie complexe, multifactorielle, chronique, inflammatoire, peut être génétique, dépendante du stress et de l’environnement.

La prise en charge médicale est primordiale, mais, il est assez important, que la patiente participe aussi, en améliorant son mode de vie, en accordant beaucoup d’attention et de soins à soi-même.